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Artisanat & Patrimoine

Le gebs : l’art du plâtre sculpté dans les riads marocains

Histoire depuis le XIIIe siècle, technique des maâlems, restauration, coûts et rôle dans la rénovation d’un riad.

✍️ Samy Guedira — Miraj Management 📅 Avril 2026 ⏱️ Lecture : 6 minutes
XIIIe s.
Apparition dans les demeures
3–4 cm
Épaisseur de la couche de plâtre
0,5–1 m²/j
Production d’un maâlem

Un héritage venu de Mésopotamie

Levez les yeux dans n’importe quel riad : au-dessus des arcs, autour des fenêtres, sur les corniches, le plâtre sculpté — appelé gebs — compose des motifs d’une finesse qui défie l’imagination. Cet artisanat, arrivé au Maroc depuis la Mésopotamie via l’art hispano-mauresque, est entré dans la décoration des demeures marocaines à partir du XIIIe siècle.

La technique : comment naît le gebs

Préparation du support : le plâtre frais est étalé puis lissé en une couche épaisse de 3 à 4 centimètres sur la surface à décorer, préalablement hérissée de clous pour assurer l’adhérence.

Traçage : pendant que le plâtre sèche lentement, le maâlem trace les motifs avec une pointe sèche, guidé par une règle, un compas, des gabarits et des pochoirs. Les motifs sont toujours géométriques ou floraux.

Sculpture : à l’aide de ciseaux fins, de burins et de gouges, le maâlem creuse le plâtre en suivant le tracé. Certaines zones sont creusées à plus d’un centimètre de profondeur pour accentuer les jeux d’ombre.

Finition : le plâtre peut être laissé brut (blanc naturel), peint ou doré. Dans les riads traditionnels, le gebs est souvent associé au zellige en partie basse et au bois de cèdre sculpté (zouak) pour les plafonds.

Particularité remarquable : le plâtre sculpté peut être retouché des mois après sa réalisation, simplement en le mouillant pour qu’il s’attendrisse. Un avantage considérable pour la restauration.

Où le trouve-t-on dans un riad ?

Encadrements des portes et fenêtres donnant sur le patio, arcs et chapiteaux, frises le long des murs, niches décoratives, corniches et moulures, murs du salon principal. Dans un riad bien restauré, le gebs peut couvrir 20 à 50 m² de surface murale — c’est ce qui crée l’impression de richesse que les voyageurs photographient.

Restauration vs création neuve : coûts

Restauration de gebs existant : nettoyage, comblement des manques, retrouver les motifs originaux. Coût : 800 à 1 500 MAD/m².

Création de gebs neuf : nouveaux motifs sur murs nus. Coût : 1 500 à 4 000 MAD/m² selon la complexité.

Délai : un maâlem expérimenté produit 0,5 à 1 m² par jour en motif complexe. Pour un riad entier, prévoyez 2 à 4 mois.

Défi actuel : la raréfaction des maâlems qualifiés. Les jeunes générations se tournent vers des métiers moins physiquement exigeants, et le nombre de vrais spécialistes diminue.

Restauration ou création de gebs pour votre riad ?

Miraj travaille avec un réseau de maâlems dont nous avons vérifié le savoir-faire sur nos chantiers. Restauration d’existant ou création neuve, chaque projet est suivi de A à Z.

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Samy Guedira
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